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Panorama :
Nous regroupons ici, en « panorama », des textes qui ont été établis et diffusés tout au long de l’histoire du projet « pour une ville ».
Ces contributions au fil du temps des acteurs et partenaires du projet,- propositions, comptes-rendus, brochures ou extraits de brochures, appels, notes de synthèse, rencontres,…nous semblent significatifs aujourd’hui des divers temps de notre démarche, des évolutions de notre pensée et de notre action,…quitte à ce que les principes fondateurs en demeurent intangibles !
Des propositions initiales de novembre 75, aux appels à contribution d’aujourd’hui en passant par la Charte d’octobre 83, ou notre publication « pour une ville de nouvelle mesure » de novembre 94, la part d’écriture « pour une ville » a été et reste importante.
A ce point de nos travaux, ces textes constituent des matériaux essentiels pour l’invention , l’expression partagée et progressive d’une « utopie renouvelée » applicable à la fondation d’une ville de nouvelle mesure.
Ils composeront une base efficace pour nos échanges à venir, notamment sur notre site www.pouruneville.com


2 – octobre 83 / « Charte pour une ville »
Oser. L’Histoire, c’est aussi cette décision prise : « … en ce lieu, aujourd’hui, porteurs de passé et d’espérances associées, nous fondons la ville !… « - Acte d’existence !

Entre les soussignés, il est convenu d’engager et multiplier les études, recherches et démarches nécessaires à l’invention, à la fondation et à la mise en œuvre d’une ville à partir des propositions suivantes :

1. Ce temps que nous vivons aujourd’hui, de fortes ruptures, appelle de fortes inventions.

2. Nos perceptions traditionnelles de l’espace sont bouleversées. Nous serons désormais les acteurs de projets d’ordre complexe, à caractère post-industriel. Nous devons inventer et accomplir de nouveaux modes d’occupation et d’aménagement de nos territoires.

3. La ville nous apparaît comme l’espace privilégié de projets poétiques, politiques et économiques inédits, liés nécessairement aux exigences nouvelles et à l’évolution de nos modes de production et d’échange comme de nos modes de vie personnels et communautaires.

4. La ville est espace de projets divers, voire conflictuels. Elle privilégie l’expérience multiforme de toutes les vocations et aptitudes. Champ d’expression de volontés partagées, elle témoigne du respect des différences.

5. La ville est espace de solidarités. C’est le réseau même des échanges entre les acteurs de la ville, y compris les personnes moins actives ou diminuées, comme avec les acteurs de projets extérieurs, qui constitue son potentiel d’urbanité.

6. Le projet urbain est inscrit dans la durée. Enraciné dans les œuvres comme dans les échecs de l’histoire des hommes et des civilisations, il est porteur de promesses et de messages.

7. La ville est source de richesses nouvelles. Ses activités comme ses productions – qu’elles soient à caractère agricole, commercial, industriel ou post-industriel – témoignent des us et coutumes, des savoir-faire et des ressources du site choisi pour son établissement. Elles expriment encore les capacités d’invention et de création d’une société à haut niveau de compétence et d’exigence, attentive aux contraintes du réel comme aux richesses de l’imaginaire. A la rencontre de ces deux courants d’information, les propositions et images d’un projet urbain en constant renouvellement.

8. Les méthodes et les objets des techniques sont utilisés et perfectionnés dès lors que leur usage n’entraîne ni violences, ni réductions, ni aliénations. La découverte et l’exercice de nouvelles pratiques et de nouveaux modes d’organisation du travail, l’exploration de nouvelles bases de production et de gestion sont regardés comme des principes spécifiques du projet urbain.

9. Ensemble ramifié et dense de petites unités interdépendantes capables d’interventions diversifiées, la ville est globalement considérée comme une entreprise urbaine. Ce principe de planification ménage la possibilité d’une gestion efficace des énergies et des matières premières mises en œuvre pour les productions et les services de la ville, comme pour son édification et le fonctionnement de ses équipements. Il permet de protéger et de valoriser les richesses du patrimoine, qu’il soit rural ou urbain.

10. Les aménagements et les équipements de la ville sont favorables à la connaissance et à la compréhension de ses activités et de ses industries : ateliers, champs et jardins, arcades et passages couverts, halles et bâtisses, les rythmes et les harmonies de leurs proportions et arrangements, contribuent à la variété et à la richesse de la vie urbaine et de ses images.

11. Les dimensions de la ville et les conditions de son évolution sont définies dans une perspective d’inscription délicate, de respect des échelles de site et de paysage comme des règles d’équilibre des milieux vivants et des ordres naturels.

12. Le projet urbain est projet de responsabilité politique : « …- nous sommes le pouvoir politique !… ». Il exprime des engagements qui sont à la fois d’ordre personnel et communautaire. Lié aux contraintes et aux impératifs du jour, il témoigne aussi des espérances et des convictions d’une société en devenir.

13. La recherche de divers niveaux d’autonomie permet de renouer avec des traditions d’entraide ou de partage aujourd’hui occultées ou anéanties du fait de la stricte dépendance à l’égard de produits, machines et services très spécialisés, volontairement rendus indéchiffrables. Elle procède, par paliers, de la quasi-autonomie de certaines productions alimentaires ou énergétiques au nécessaire accès à des marchés de plus grande amplitude. Elle suppose l’adhésion à un principe d’obligations communautaires.

14. Toute initiative, toute intuition peut être reconnue comme constitutive du projet urbain, sans qu’elle exprime pour autant une volonté majoritaire ; ce qui suppose un principe de règlement non-violent des oppositions, affrontements ou conflits et des procédures convenues d’arbitrage au sein même de la communauté, sous sa responsabilité et sous sa garantie de respect par les parties.

15. Les règles particulières admises pour la conduite de ses activités par la société qui invente, gère et administre la ville, ne peuvent exclure le respect et l’application des règles admises pour l’ensemble des régions et des territoires. Le projet urbain et son économie s’inscrivent dans le respect et l’usage raisonné des lois communes.

16. La ville porte effet au-delà de ses limites territoriales. Elle développe des relations d’écoute chaleureuse, d’invention et de création avec sa région, avec les territoires et les nations qui lui sont proches de cultures et de traditions, avec les réseaux d’ordre planétaire dont elle est nécessairement dépendante. La ville est espace cosmopolite.

Association Pour une ville le 2006-07-02
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