le temps
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Le Temps :
Dans la ville traditionnelle, au fil des jours, l’ombre portée des cadrans solaires, le rythme des carillons marquaient l’écoulement des heures et des saisons.
Le quotidien de la ville s’établit aujourd’hui « en temps réel », dans l’urgence. Les distances (et le temps mis à les parcourir) se trouvent virtuellement abolies. L’infinie multitude des émissions/réceptions de messages, procède exclusivement de l’instant. Aucun recul ; « le nez dans le guidon »…
Acteur et otage de ces flux planétaires, la ville de nouvelle mesure ouvre les perspectives de projets raisonnés, de nouvelles formes d’inscription dans la durée, - « le temps est un matériau de construction de la ville ». Tout projet urbain est « projet au long cours ».
Il convient alors de reconnaître différentes perceptions du temps, les conditions de leur prise en compte, le sens donné au temps qui passe.

Les appels à contribution qui seront successivement proposés sur le thème "", vous permettront de présenter observations, critiques et suggestions pour l’invention partagée et progressive d’une ville de nouvelle mesure.


appel à contribution :

Le temps élément fondateur de la ville
Le temps domine notre vie car sans lui, elle n’existerait pas. Sous ses aspects multiples, le temps structure et dimensionne la ville, comme il rythme toutes les activités humaines.
Le temps, par son immatérialité ne se laisse pas facilement appréhender par le sens commun qui s’y trouve pourtant totalement immergé. Cette difficulté conduit à rechercher son impact, ses effets à travers sa multiplicité formelle.
Les aspects du temps dont on peut identifier un rôle sur la construction urbaine, peuvent être :
- le temps biologique : la vie ne peut se manifester que si deux moments distincts peuvent être discernés. La vie est donc consubstantielle au temps. Perdre son temps, c’est perdre des morceaux de vie.
- le temps des physiciens : la mesure du temps est une branche à elle seule de la physique, tellement son importance est grande au sein de la connaissance humaine. Parmi les interrogations des physiciens se trouvent celles portant sur la continuité, l’antériorité ou la chronologie (de laquelle découle la causalité), les échelles de durée allant du temps atomique au temps astronomique. Entre les deux, le temps à l’échelle de l’homme.
- le temps ressenti : le temps ne s’appréhende pas directement, la compréhension que nous en avons se fait à travers une opération mentale complexe qui fait intervenir l’ensemble de nos sens. Il peut en résulter du plaisir, ce temps nous paraîtra trop court. Il peut en résulter de la gêne, de la contrainte, de la souffrance, de la douleur, ce temps sera toujours trop long.
LE TEMPS NE COMPTE QUE PAR LA PERCEPTION QU’ON EN A.


1 – Le temps, chronologie d’une vie.

- le temps de la petite enfance : temps d’une vie au sein d’une structure familiale fermée.
- le temps de l’adolescence : temps de l’ouverture aux autres depuis la cellule familiale.
- le temps de l’âge adulte : temps de la phase économique productive.
- le temps de l’âge mur : aujourd’hui « l’âge d’or » au cours duquel la conjonction des possibilités économiques et de la disponibilité de temps offrent les plus grandes possibilités de réalisation.
- le temps de l’âge senior : souvent un temps de retour à une dépendance sociale forte.

2 – Les échelles du temps humain :

- le temps instantané de la durée que l’on vit au moment présent, la durée entre la prise de décision et l’action en conduite ou dans les actes de la vie quotidienne.
- la journée sur laquelle on s’organise et qui peut être vécue comme une unité indivisible selon l’échelle à laquelle on la considère.
- la semaine rythmée par les week-ends et la vie familiale.
- le mois ou la saison, marqués par le rythme scolaire des vacances.
- l’année, dont le rythme biologique solaire est une horloge naturelle éternelle.
- les périodes chronologiques de la vie, citées plus haut.

3 – Le temps de la mémoire, l’illusion de dominer le temps :
L’expérience que nous avons de la mémoire des événements montre que celle-ci est très fortement subjective. La mémoire nous permet de dire : « en 2005, j’étais à Marseille, New-York, Paris, Londres ou Mexico ». L’échelle d’analyse (l’année) fait apparaître l’illusion de la simultanéité, donc de l’ubiquité.
La mémoire est la permanence du temps, son ralentissement. Elle permet la conservation de l’information, donc son transfert, en particulier intergénérationnel.

4 – Le temps période (période longue à l’échelle humaine) :

- le temps de l’habitat mobile : nomadisme pas totalement disparu et qui réapparaît sous certaines formes grâce aux nouvelles technologies, – utopie de l’ubiquité dont on verra qu’elle n’est qu’une illusion liée au facteur de l’échelle d’analyse.
- le temps de l’habitat isolé qui résulte d’une amélioration des conditions de vie, du remplacement de la chasse et de la cueillette par la culture et l’élevage.
- le temps des villages, premiers regroupements d’habitat fixe qui résultent de la densification de la population.
- le temps des villes, assemblées importantes d’habitat qui résultent de plusieurs contraintes économiques : mutualiser l’approvisionnement en eau, spécialiser des conditions de production, assurer la protection de la population. La création des villes est une réponse à certains problèmes, mais elle en crée d’autres : problème de la gestion collective, apparition d’un pouvoir politique nouveau, apparition d’un marché important.
- le temps des mégapoles, des villes régions, des villes état, des réseaux de villes. Le changement d’échelle des villes conduit à un changement qualitatif sur l’institution.

5 – La marque du temps sur les villes se fait sentir :

- horizontalement, par les extensions le plus souvent concentriques, comme les anneaux de croissance d’un arbre.
- verticalement, par les strates historiques de la construction ou par l’évolution de la hauteur des constructions.
- par l’évolution des styles urbanistiques et architecturaux.
- par l’évolution et la permanence de la trame viaire.

6 – Le temps économique :

- le coût du temps est la première notion que cherchent à définir les économistes. Celui-ci se décline en coût collectif (qui peut être réduit au rapport du PIB national par le nombre d’heures travaillées dans le pays) et en coût individuel, qui peut être approché par la somme que l’on est prêt à dépenser pour économiser une heure de son temps. Il apparaît tout de suite que cette somme varie selon l’activité concernée et le ressenti qu’on en a. Pour beaucoup d’activités,– les plus plaisantes, on paiera pour les prolonger.
Le coût du temps est, par excellence, le facteur dimensionnant du temps. Que ce soit en termes de gains de temps (gain de productivité => gain de production), ou en terme d’augmentation du temps disponible à consacrer à une tâche (le gain de production à productivité constante vient directement de l’augmentation du temps de production).
- le temps-vitesse : la dualité espace/temps qui définit la vitesse, définit également : le temps que je peux gagner (dont je peux donc disposer pour faire autre chose), ou l’espace que je peux occuper ; à 100 Km/h j’utilise un espace de 28,00 mètres à chaque seconde, de 2,80 mètres à 10Km/h. La vitesse praticable conditionne la distance que je peux parcourir en fonction de mon budget-temps, donc l’éloignement que je peux accepter pour mon domicile, en fonction du temps que j’accepte de mettre pour me rendre à mon travail (et également de la somme que j’accepte de dépenser pour faire ce trajet).
- le temps de travail, monnaie d’échange entre acteurs économiques.

7 – Temps libre-Temps programmé :

Le temps libre ou temps programmé s’oppose au temps contraint que les obligations sociales (professionnelles) nous imposent. On peut parler de temps propre dans le sens où il s’agit du temps dont chacun dispose en propre, pour toutes les activités qu’il veut faire sans contraintes extérieures.


A travers le ressenti du temps qu’éprouve chacun de nous, nous nous définissons, et définissons nos besoins, nos désirs, l’usage propre de notre temps. Cet usage conditionne complètement notre mode de vie, d’habitat, de déplacement, définit notre relation aux autres et à notre environnement avec son économie propre. L’usage optimal de notre temps résultera de choix entre contraintes, désirs, moyens disponibles.
L’ambition de la ville de nouvelle mesure est que l’organisation urbaine minimise les contraintes et leurs nuisances et maximise le temps disponible, le temps propre.

Yves Briquet le 2006-09-30

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Messages reçus en réponse :
quel temps fait il ? par françoise lenfant
Oui, je voulais savoir si tu avais des informations sur le temps prévu demain !
 
 
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